En bref

  • 15 écoles de cuisine et de pâtisserie sont classées, de Paris à Yssingeaux, sur trois familles de cursus : le CAP, le BTS management en hôtellerie-restauration (MHR) et les cursus privés, du bachelor au diplôme intensif.

  • Les frais réels vont de 0 € à plus de 40 000 €. L’alternance ne coûte rien à l’élève, un Diplôme de Pâtisserie au Cordon Bleu Paris coûte 31 200 € pour six à neuf mois, et le Bachelor in French Pastry Arts de l’École Ducasse 44 750 € de scolarité sur trois ans pour un étudiant européen.

  • Les salaires de marché restent modestes à l’entrée. Un commis de cuisine gagne en moyenne 22 056 € brut par an en France et 30 984 € à Paris, selon les estimations de Jooble. Un chef pâtissier atteint 41 000 € selon Talent.com, après plusieurs années de métier.

  • Le coût et le salaire sont présentés séparément. Un ratio entre les deux deviendrait impossible à calculer pour l’alternance, qui ne coûte rien, et les salaires disponibles sont des estimations par métier plutôt que par école.

  • L’hôtellerie-restauration recrute en masse. Le GHR compte 336 000 projets de recrutement en 2025, dont plus de 190 000 saisonniers, et estime à près de 200 000 le nombre de postes non pourvus.

  • Les cuisiniers sont difficiles à recruter. L’enquête BMO 2026 de France Travail recense 51 720 projets de recrutement de cuisiniers, dont 57,6 % jugés difficiles par les employeurs.

  • Cinq critères pèsent sur le salaire de sortie : le diplôme visé, la ville, le segment de restauration, la spécialité et le statut d’alternant.

L’hôtellerie-restauration peine à recruter, alors que les cursus privés de cuisine et de pâtisserie atteignent des tarifs élevés. Ce classement 2026 du Journal des Écoles compare quinze établissements français selon ce que la formation coûte et ce qu’elle permet d’espérer gagner à la sortie. Il tient compte aussi de la reconnaissance du diplôme et de la transparence des frais. Aucune école n’a de partenariat commercial avec le Journal des Écoles.

Le classement Journal des Écoles 2026 : les 15 meilleures écoles de cuisine et pâtisserie

Ce classement est établi par la rédaction. Chaque établissement est évalué sur le coût réel du cursus, le salaire de marché du métier visé, la reconnaissance du diplôme et la transparence des frais publiés. Les salaires sont des estimations de marché issues de sites d’offres d’emploi nommés, et aucune école ne les a communiqués. Les écoles qui ne publient pas leurs tarifs sont signalées comme telles et perdent des points.

Classement Journal des Écoles 2026 des écoles de cuisine et pâtisserie : rang, école, ville, diplômes, frais réels, salaire de sortie et note sur 20.
Rang École Ville Diplômes Frais réels Salaire de marché Note /20
1FERRANDI ParisParisCAP, BTS MHR, bachelor9 800 € (CAP en 1 an)≈ 22 000 € (commis, Jooble)18,5
2Le Cordon Bleu ParisParisDiplôme de Pâtisserie, Diplôme de Boulangerie31 200 € (6 à 9 mois)≈ 30 300 € (pâtissier, Indeed)18
3École DucasseMeudonBachelor en pâtisserie44 750 € sur 3 ans (bachelor)≈ 41 000 € (chef pâtissier, Talent.com)17,5
4École LenôtreRungisFormations pro en pâtisserie et cuisineNon publiés≈ 30 300 € (pâtissier, Indeed)17,5
5Institut Lyfe (ex-Paul Bocuse)ÉcullyBachelor, MScNon publiés par l’écoleNon publié (98 % d’insertion à 6 mois)17,5
6École Ritz EscoffierParisDiplômes d’école en cuisine et en pâtisserie22 000 à 42 500 € (14 à 28 semaines)Non publié17
7ENSP YssingeauxYssingeauxDiplôme supérieur des arts pâtissiers, stages41 700 € sur 3 ans ; stages dès 1 000 €Non publié17
8École FauchonRouenBachelor, DEUST, CAP adulte12 000 € par an (bachelor)Non publié16,5
9Bellouet ParisParisFormation continue en pâtisserie1 580 € le stage de 3 joursNon publié16,5
10Olivier BajardPerpignanFormation pro longue en pâtisserie5 300 à 11 800 € (4 à 9 semaines)Non publié16
11VatelLyon, Paris, NîmesBachelor, MBA, arts culinaires10 800 € par an (bachelor, Lyon)Non publié16
12GastronomicomAgdeProgrammes intensifs5 100 à 19 000 € (2 à 12 mois)Non publié15,5
13CFA municipal de SèteSèteCAP cuisine et pâtissier en apprentissage0 € (apprenti rémunéré)≈ 22 000 € (commis, Jooble)15,5
14La Cuisine ParisParisCours de loisirsNon publiésSans objet15
15Les Coulisses du ChefParisCours et formations courtes100 € le coursSans objet15

Frais publiés par les écoles, consultés en octobre 2026, pour un étudiant de l’Union européenne. École Ducasse : 56 450 € tout compris pour le bachelor. ENSP : stages de 1 000 à 1 428 €. École Fauchon : CAP pâtissier pour adultes à 13 536 €. Bellouet : programmes longs de 5 800 à 15 800 € HT. Vatel : arts culinaires gratuits en apprentissage. Salaires bruts annuels estimés par Jooble (juillet 2026), Indeed (médiane, octobre 2026) et Talent.com : ce sont des ordres de grandeur du marché, distincts des salaires mesurés à la sortie de chaque école.

Comment lire ce tableau

  • Le salaire indiqué correspond au métier visé par la formation ; les écoles ne publient pas celui de leurs diplômés. Le CAP en un an de FERRANDI coûte 9 800 € et mène au même salaire de commis qu’un cursus privé payé trois fois plus cher.

  • La mention « non publié » signale une donnée que l’école ne rend pas publique, qu’il s’agisse de ses frais ou du salaire de ses diplômés. Seul l’Institut Lyfe publie une enquête d’insertion, sans salaire.

  • Deux familles cohabitent dans ce classement. Les écoles d’arts culinaires et de pâtisserie (FERRANDI, Cordon Bleu, Ducasse, Lenôtre, ENSP) forment des cuisiniers et des pâtissiers. Les écoles de management hôtelier (Vatel, Institut Lyfe) forment surtout des cadres, même si elles proposent aussi des cursus culinaires. Mieux vaut choisir sa famille avant de comparer les rangs.

  • La note sur 20 pondère quatre blocs : la reconnaissance du diplôme (30 %), le coût et la transparence des frais (25 %), le salaire de sortie de marché (25 %) et l’insertion dans le secteur (20 %).

  • La Cuisine Paris et Les Coulisses du Chef proposent surtout des cours à la séance, pour les amateurs et les entreprises, sans diplôme à la clé.

Notre méthode : la note sur 20 et ses sources

La note sur 20 sert à comparer des écoles dont les frais, la durée et le diplôme diffèrent. Elle combine les quatre blocs présentés plus haut, à partir de données publiques.

Pourquoi nous ne calculons pas de ratio entre salaire et coût

Rapporter le salaire de sortie au coût de la formation semble simple, mais le calcul ne tient pas pour ce secteur. L’alternance ne coûte rien à l’élève, si bien que le ratio deviendrait infini pour un CAP en apprentissage. Les salaires disponibles sont par ailleurs des estimations par métier : le même salaire de commis s’appliquerait à des écoles très différentes, et le ratio ne mesurerait que le prix. Le classement affiche donc le coût et le salaire séparément.

Les sources utilisées

  • Les tarifs publiés par les écoles : FERRANDI Paris (CAP en un an après le bac à 9 800 €, CAP pour adultes à 12 600 €), Le Cordon Bleu Paris (Diplôme de Pâtisserie à 31 200 €), École Ducasse (44 750 € de scolarité sur trois ans pour le Bachelor in French Pastry Arts), École Ritz Escoffier, École Fauchon, Bellouet, Olivier Bajard, Gastronomicom et Vatel.

  • Les données sur l’emploi : l’enquête BMO 2026 de France Travail, l’édito du GHR de mai 2025, l’arrêté du 21 mai 2025 sur les métiers en tension et les effectifs salariés de l’Urssaf.

  • Les salaires : les estimations de Jooble, Indeed, Talent.com et SimplyHired, reprises comme des ordres de grandeur, ainsi que les salaires proposés dans les offres de France Travail et la grille de la convention collective des hôtels, cafés, restaurants.

Les limites

  • Les sites d’offres d’emploi estiment les salaires à partir d’annonces et de déclarations de salariés. Ils décrivent le marché, pas l’insertion des diplômés d’une école donnée.

  • Les données publiques donnent des repères plus prudents. Au deuxième trimestre 2026, les offres de France Travail proposaient de 1 802 à 2 000 € brut par mois pour un commis de cuisine, et de 1 802 à 2 453 € pour un pâtissier. La convention collective des hôtels, cafés, restaurants fixe un minimum de 2 020 € à 2 123 € brut par mois au niveau III, et le SMIC, à 1 867,02 €, s’applique aux premiers niveaux.

  • L’insertion se mesure mal en sortie de CAP, car beaucoup de jeunes poursuivent leurs études. Selon les données InserJeunes publiées par l’Onisep, six mois après un CAP cuisine en apprentissage, 31 % des sortants sont en emploi et 41 % en formation.

  • Le coût de la vie n’entre pas dans la note. Une école parisienne moins chère qu’une école de province peut devenir plus coûteuse une fois le logement compté.

Ce que les classements publiés ne mesurent pas

Le classement QS par discipline en Hospitality & Leisure Management, le plus cité du secteur, repose sur la réputation des établissements auprès des universitaires et des employeurs, et sur les citations de leurs travaux de recherche. Aucun de ces indicateurs ne porte sur le salaire de sortie ni sur le coût des études pour l’étudiant. Une école peut ainsi figurer en tête du classement mondial et facturer plus de 40 000 € par an sans que le classement dise si ses diplômés amortissent cette dépense.

Il manque surtout trois informations au candidat : le coût réel payé par l’étudiant, le salaire constaté à la sortie et le temps nécessaire pour rentabiliser la formation. Notre classement publie les deux premières quand elles existent, et signale leur absence quand l’école ne les rend pas publiques.

Cuisine ou pâtisserie : deux marchés, deux économies

La cuisine et la pâtisserie relèvent de deux économies distinctes, avec des frais, des salaires et des recrutements différents.

  • La pâtisserie coûte plus cher à apprendre dans le privé. Chez FERRANDI Paris, le CAP pâtissier en un an après le bac coûte 9 800 €, comme le CAP cuisine. Les cursus longs de pâtisserie changent en revanche d’échelle : 31 200 € pour le Diplôme de Pâtisserie du Cordon Bleu Paris, 44 750 € de scolarité sur trois ans pour le Bachelor in French Pastry Arts de l’École Ducasse. La pâtisserie haut de gamme demande davantage de matières premières, d’équipement et d’heures d’atelier.

  • La pâtisserie paie mieux sur les postes d’expert. Un chef pâtissier gagne 41 000 € par an en moyenne en France selon Talent.com, et le salaire médian d’un pâtissier atteint 30 257 € selon Indeed. Un commis de cuisine débute à 22 056 € par an selon Jooble, et un cuisinier gagne environ 2 282 € brut par mois à Paris selon SimplyHired.

  • La cuisine offre plus de postes, la pâtisserie plus de spécialisation. L’enquête BMO 2026 compte 51 720 projets de recrutement de cuisiniers, contre 14 730 pour les boulangers et pâtissiers. Les débouchés de la pâtisserie se concentrent dans les boutiques, les hôtels de luxe et la création d’entreprise.

  • Les deux métiers manquent de bras. Les cuisiniers et les employés de l’hôtellerie figurent sur les 13 listes régionales de métiers en tension fixées par l’arrêté du 21 mai 2025, les serveurs sur 10 d’entre elles. Chez les boulangers et pâtissiers, 53,9 % des recrutements sont jugés difficiles en 2026.

  • À l’entrée, la cuisine demande un investissement plus léger. Pour un salaire de début comparable, une formation privée en pâtisserie coûte davantage. La pâtisserie se rentabilise plutôt sur la durée, par la spécialisation ou l’installation à son compte.

Les 5 critères qui changent le salaire de sortie

Les écarts de salaire entre débutants tiennent moins à la marque de l’école qu’à cinq variables mesurables.

  • 1. Le diplôme et sa reconnaissance. Un CAP ou un BTS MHR, diplômes d’État, ouvrent les concours de la fonction publique et sont connus de tous les employeurs. Un certificat d’école sans enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) dépend entièrement de la réputation de l’établissement. Le niveau du diplôme influe donc davantage sur la fiche de paie que le nom de l’école.

  • 2. La ville. Selon les estimations de Jooble, un commis de cuisine gagne 30 984 € par an à Paris contre 22 056 € en moyenne nationale, soit environ 40 % de plus. Le salaire de sortie se compare donc toujours ville par ville, coût du logement compris.

  • 3. Le segment de restauration. Une brasserie, un restaurant collectif et un hôtel de luxe n’appliquent pas les mêmes grilles. Le premier employeur pèse souvent davantage sur la suite de la carrière que l’école elle-même.

  • 4. La spécialité et la saisonnalité. En 2026, 48,1 % des projets de recrutement de cuisiniers portent sur des emplois saisonniers, selon l’enquête BMO de France Travail. Ces postes alternent périodes de travail intense et intersaisons, ce qui pèse sur le revenu annuel.

  • 5. Le statut d’alternant. L’apprenti ne paie pas de frais de scolarité et perçoit un salaire. Il termine sa formation avec de l’expérience et sans dette, alors qu’un étudiant en cursus payant aura engagé de 9 800 € à 31 200 € de frais. Le même diplôme coûte ainsi très différemment selon le statut.

Combien coûte une école de cuisine ou de pâtisserie en 2026

Le tableau ci-dessous reprend les tarifs publiés par les écoles. Un cursus gratuit en alternance et un cursus facturé 31 200 € mènent parfois au même premier emploi.

Coût des formations en cuisine et en pâtisserie en 2026 : type de cursus, durée, frais de scolarité et statut de l’élève.
Type de cursus Durée Frais de scolarité Statut
CAP ou BTM en alternance1 à 2 ans0 € (pris en charge par l’opérateur de compétences de l’entreprise)Apprenti rémunéré
CAP en 1 an après le bac, à temps plein (Paris)1 an9 800 € (FERRANDI Paris, rentrée 2026)Étudiant non rémunéré
CAP cuisine ou pâtissier pour adultes1 an12 600 € (FERRANDI Paris, formation continue)Financement par le CPF possible
BTS MHR en apprentissage2 ans0 € (pris en charge)Apprenti rémunéré selon l’âge et l’année
Bachelor privé en pâtisserie3 ans44 750 € de scolarité, 56 450 € tout compris (École Ducasse, tarif UE)Étudiant non rémunéré
Formation privée intensive (Diplôme de Pâtisserie)6 à 9 mois31 200 € (Le Cordon Bleu Paris)Étudiant non rémunéré
Programme international intensif16 semaines24 500 € (Intensive Professional Program, FERRANDI Paris)Étudiant non rémunéré

Tarifs publiés par les écoles, consultés en octobre 2026.

Deux repères complètent ce tableau. En formation continue, l’ENSP d’Yssingeaux propose des stages de deux à trois jours entre 1 000 € et 1 428 €. À l’autre extrémité, le Diplôme en Arts Culinaires de l’École Ritz Escoffier coûte 42 500 € pour 28 semaines. Un stage de perfectionnement et un cursus de plusieurs mois répondent à des besoins différents et ne se comparent pas à durée égale.

Quel diplôme pour quel métier

  • Le CAP cuisine. C’est le diplôme d’entrée dans le métier, accessible sans le bac, en deux ans, souvent en alternance, ou en un an après le bac. Il mène au poste de commis de cuisine, puis de chef de partie. Suivi en alternance, c’est la voie la plus économique.

  • Le CAP pâtissier. Il suit la même logique, avec une spécialisation en pâtisserie, et mène au poste de commis pâtissier, puis de chef de partie en pâtisserie.

  • Le BTM (brevet technique des métiers). Ce diplôme des chambres de métiers se prépare après un premier CAP, notamment en pâtisserie. Il mène aux postes de chef de partie ou de second, et prépare à la création d’une entreprise artisanale.

  • Le BTS MHR (management en hôtellerie-restauration). Ce diplôme d’État se prépare en deux ans après le bac. Son option consacrée à la production culinaire mène aux postes de second de cuisine, de chef de cuisine ou de responsable de restauration. En apprentissage, il est gratuit et rémunéré.

  • Le bachelor privé en arts culinaires. Ce cursus de trois ans, souvent ouvert à l’international, vise les postes de chef de cuisine, de chef pâtissier ou de création dans l’hôtellerie de luxe. À l’École Ducasse, la scolarité du Bachelor in French Pastry Arts coûte 44 750 € pour un étudiant européen et 57 500 € pour un étudiant hors Union européenne. Celui de FERRANDI Paris, enregistré au RNCP, coûte 15 100 € par an.

  • Le titre RNCP. Cette certification professionnelle est inscrite au Répertoire national des certifications professionnelles. Sa valeur dépend du référentiel construit par l’organisme qui la délivre. Un titre de niveau 5 ou 6 bien construit ouvre les mêmes postes qu’un diplôme d’État, c’est pourquoi il faut vérifier sa fiche sur le site de France Compétences avant de s’inscrire.

Le marché de l’emploi : ce que disent les chiffres

Le dynamisme de l’emploi en hôtellerie-restauration est le premier argument des écoles, mais les candidats le comprennent souvent mal.

  • Le volume de recrutement. Le GHR, qui représente les professionnels du secteur, comptait 336 000 projets de recrutement en 2025, dont plus de 190 000 emplois saisonniers, et estimait à près de 200 000 le nombre de postes non pourvus. Ce dernier chiffre est une estimation du syndicat et se distingue des projets mesurés par l’enquête BMO.

  • La difficulté déclarée. L’enquête BMO 2026 de France Travail recense 51 720 projets de recrutement de cuisiniers, jugés difficiles dans 57,6 % des cas et saisonniers dans 48,1 % des cas. Pour les chefs cuisiniers, la part de recrutements difficiles atteint 72 %.

  • Les métiers en tension. Les cuisiniers et les employés de l’hôtellerie figurent sur les 13 listes régionales de métiers en tension fixées par l’arrêté du 21 mai 2025, les serveurs sur 10 d’entre elles. Ces listes conditionnent notamment certaines autorisations de travail pour les salariés étrangers.

  • Le poids du secteur. L’hébergement et la restauration employaient 1,38 million de salariés dans le secteur privé à la fin du deuxième trimestre 2026, selon l’Urssaf. Les recettes du tourisme international ont atteint 71 milliards d’euros en 2024, puis 77,5 milliards en 2025, selon la Banque de France.

  • Une nuance importante. La tension du secteur n’assure pas à chaque diplômé un poste bien payé. Elle se concentre sur les postes d’exécution, souvent rémunérés près du SMIC, et sur les saisons. Les postes d’encadrement qualifiés sont moins nombreux et plus disputés. La pénurie de main-d’œuvre facilite l’embauche sans entraîner automatiquement une hausse des salaires.

Les 4 erreurs qui coûtent le plus cher

  • 1. Payer 31 200 € pour un diplôme que l’État ne reconnaît pas. Une formation privée intensive facturée au prix d’un cursus long, sans certification reconnue, ferme les concours de la fonction publique. Avant de signer, vérifiez l’intitulé exact du diplôme et son enregistrement auprès de France Compétences ou sa reconnaissance par le ministère de l’Enseignement supérieur.

  • 2. Confondre école de management hôtelier et école d’arts culinaires. Le classement des écoles hôtelières et celui des écoles de cuisine mesurent des choses différentes. Une école en tête du classement mondial du management hôtelier ne forme pas pour autant les meilleurs chefs de partie.

  • 3. Payer un cursus coûteux pour un salaire de commis. Après 31 200 € de frais, un poste de commis rapporte environ 22 056 € par an : la première année de salaire ne couvre pas le coût de la formation. Le diplôme doit viser un poste dont le salaire permet de rembourser le cursus dans un délai raisonnable.

  • 4. Écarter l’alternance par crainte du rythme. L’alternance supprime les frais de scolarité, assure un salaire et apporte deux ans d’expérience en entreprise. Y renoncer coûte cher, surtout pour un CAP ou un BTS MHR.

Verdict du Journal des Écoles

Pour la plupart des candidats, l’alternance est un meilleur choix que l’école privée payante, si l’on juge la formation à ce qu’elle coûte et à ce qu’elle rapporte. Un CAP ou un BTS MHR en apprentissage ne coûte rien et mène aux mêmes premiers salaires qu’un cursus à 31 200 €. Une école privée se justifie dans des cas précis : l’accès à un réseau international, à un diplôme reconnu ou à une spécialisation que le public ne propose pas. Choisie pour le seul prestige, elle pèse lourd sur le budget sans garantir un meilleur salaire.

Le manque de transparence reste le principal défaut du secteur. Beaucoup d’écoles de cuisine et de pâtisserie ne publient ni leurs frais ni le salaire de leurs diplômés, y compris des établissements placés en haut de ce classement, comme l’École Lenôtre ou l’Institut Lyfe. Un candidat devrait pouvoir comparer les prix et les salaires de sortie avant de s’inscrire, et c’est aux écoles de les publier.

Nos recommandations par profil

  • Lycéen ou jeune bachelier sans budget : un CAP puis un BTM en alternance, dans un CFA ou un lycée des métiers public. La formation est gratuite, le salaire de sortie identique et l’élève ne s’endette pas.

  • Reconversion après 30 ans : un CAP pour adultes en formation continue, à 12 600 € chez FERRANDI Paris avec un financement possible par le CPF, ou un stage ciblé à l’ENSP d’Yssingeaux, à partir de 1 000 € les deux jours. Une reconversion réussie vise un poste précis.

  • Objectif hôtellerie de luxe ou international : le Diplôme de Pâtisserie du Cordon Bleu Paris (31 200 €) ou le Bachelor in French Pastry Arts de l’École Ducasse (44 750 € de scolarité). L’investissement est lourd et ne se justifie que pour un projet à l’étranger ou dans une brigade étoilée.

  • Objectif encadrement et management : un BTS MHR en apprentissage, puis une école hôtelière comme Vatel ou l’Institut Lyfe. Les difficultés de recrutement du secteur valorisent les profils capables de gérer une équipe et un budget.

  • Petit budget en pâtisserie : l’alternance dans une boutique artisanale, puis des stages de spécialisation. C’est le chemin le plus long vers le métier de chef pâtissier, mais aussi le moins coûteux.

Verdict signé Lucas Lecoq-Pellizzon, co-fondateur et directeur éditorial du Journal des Écoles.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure école de cuisine en France en 2026 ?

FERRANDI Paris arrive en tête du classement 2026 du Journal des Écoles, avec une note de 18,5 sur 20 : son CAP en un an après le bac coûte 9 800 € et son bachelor est enregistré au RNCP. Le Cordon Bleu Paris et l’École Ducasse suivent, surtout reconnus pour la pâtisserie. Le bon choix dépend du diplôme visé et du budget.

Faut-il choisir cuisine ou pâtisserie ?

La cuisine offre beaucoup plus de postes : l’enquête BMO 2026 compte 51 720 projets de recrutement de cuisiniers, contre 14 730 pour les boulangers et pâtissiers. La pâtisserie paie mieux sur les postes d’expert, avec 41 000 € par an pour un chef pâtissier selon Talent.com, mais ses formations privées coûtent plus cher. La cuisine convient à qui veut trouver vite un emploi, la pâtisserie à qui vise une spécialisation.

Combien coûte une école de pâtisserie en 2026 ?

Le coût va de 0 € en alternance à 44 750 € de scolarité sur trois ans pour le Bachelor in French Pastry Arts de l’École Ducasse, tarif européen. Le Diplôme de Pâtisserie du Cordon Bleu Paris coûte 31 200 € pour six à neuf mois. Chez FERRANDI Paris, le CAP pâtissier en un an après le bac coûte 9 800 €, et 12 600 € pour les adultes en formation continue.

Une école privée vaut-elle mieux qu’un CAP ou un BTS en alternance ?

Pour le premier salaire, l’alternance l’emporte : elle ne coûte rien et mène à des salaires comparables. Une école privée se justifie pour un réseau international, une spécialisation rare ou un projet à l’étranger. Dans les autres cas, son coût est difficile à rentabiliser.

Quel salaire après une école de cuisine ?

Un commis de cuisine gagne en moyenne 22 056 € brut par an en France et 30 984 € à Paris, selon les estimations de Jooble. Un demi-chef de partie parisien gagne environ 3 084 € brut par mois selon SimplyHired. Les offres publiées par France Travail proposent de 1 802 à 2 000 € brut par mois pour un commis de cuisine.

Le BTS MHR est-il un bon choix ?

Oui, surtout en apprentissage. Le BTS management en hôtellerie-restauration est un diplôme d’État qui se prépare en deux ans après le bac. En alternance, il est gratuit et rémunéré, et son option consacrée à la production culinaire ouvre les postes d’encadrement en cuisine, comme second ou chef de cuisine.

Pour aller plus loin

Sources

Méthodologie : les chiffres proviennent des sources ci-dessus et des sites des écoles (École Lenôtre, Bellouet Paris, CFA municipal de Sète, Institut Lyfe), consultés en octobre 2026. Les salaires des sites d’offres d’emploi sont des estimations de marché, présentées comme telles. Les salaires proposés par France Travail viennent de sa fiche métier en ligne (codes G1602 et D1104).

Portrait de Lucas Lecoq-Pellizzon
Co-Fondateur & Directeur éditorial

Co-fondateur du Journal des Écoles et de Triaina. Diplômé de l’EMLV, il a piloté le concours SESAME pour son école pendant cinq ans. Il signe les indices ROI de la rédaction et les classements par spécialisation.