En bref

  • Le classement mondial est dominé par la Suisse. Sept des dix premières écoles du QS World University Rankings by Subject 2026 en Hospitality & Leisure Management sont suisses. EHL, à Lausanne, est première avec 98,3 sur 100, devant Les Roches (90) et Glion (87,2).

  • Vatel est la première école française, au 11e rang mondial. Elle obtient 72,6 sur 100 dans le QS 2026. L’Institut Lyfe suit au 34e rang, Excelia et l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne figurent dans la tranche 51-100, l’ESSEC dans la tranche 101-150.

  • Le niveau de diplôme change le salaire de 8 000 € par an. Le salaire médian d’embauche est de 24 000 € brut par an après un bac+3 en hôtellerie-tourisme et de 32 000 € après un bac+5, soit un tiers de plus.

  • Le coût de la scolarité varie de un à près de quatre-vingts. Une licence universitaire coûte 178 € par an de droits d’inscription, un bachelor hôtelier privé de 7 090 € à 14 100 € par an en France. En Suisse, les frais académiques vont de 46 000 à 73 000 CHF par an.

  • Le coût et le salaire sont présentés séparément. Les écoles ne publient pas de salaire de sortie propre à leurs diplômés, si bien qu’un ratio entre les deux ne mesurerait que le prix. Chaque école est donc présentée avec ses frais réels et le salaire d’embauche de son niveau de diplôme.

Qu’est-ce qu’une école hôtelière de référence ? Les 5 critères qui comptent

Une école hôtelière de référence forme des diplômés qui trouvent vite un emploi et dont le salaire permet d’amortir le coût de leurs études. Cinq critères mesurables permettent d’en juger. Les classements internationaux, comme celui de QS, reposent surtout sur la réputation des établissements, qui n’est que l’un d’entre eux.

  • 1. Le salaire de sortie à trois ans. Les taux d’insertion à six mois sont déclarés par les écoles et peuvent inclure des contrats courts. Le salaire à trois ans rend mieux compte de la progression de carrière. En France, les repères du secteur sont de 24 000 € brut par an au niveau bac+3 et de 32 000 € au niveau bac+5.

  • 2. Le coût total de la scolarité, frais annexes compris. Frais de dossier, tenues professionnelles, stages à l’étranger, matériel de cuisine et logement obligatoire sur le campus s’ajoutent aux frais de scolarité affichés. La méthode de calcul du coût réel détaille ces postes.

  • 3. Le taux d’insertion à six mois, avec son périmètre. Une école sérieuse indique la part de diplômés en CDI ou en CDD de plus de six mois, plutôt qu’un taux global de diplômés « en poste ou en poursuite d’études ». L’École de Savignac annonce ainsi que 97 % des titulaires de son bachelor ont un emploi dans les six mois.

  • 4. Un réseau d’anciens actif dans le secteur. Vatel revendique 50 000 diplômés et une cinquantaine d’écoles dans plus de 30 pays. Un réseau de cette taille alimente les offres de stage et les premières embauches.

  • 5. La place de l’entreprise dans le cursus. Les écoles qui imposent de longues périodes en entreprise, en stage ou en alternance, forment des diplômés rapidement opérationnels. Le bachelor de Vatel comprend deux stages obligatoires, d’environ quatre mois au deuxième semestre et de six mois au quatrième, et un troisième facultatif.

La notoriété académique pèse donc moins qu’on pourrait le penser dans le choix d’une école. Le classement QS par discipline repose sur trois indicateurs : la réputation auprès des universitaires, la réputation auprès des employeurs et les citations des travaux de recherche. D’après les scores publiés pour l’hôtellerie, les deux réputations représentent environ 95 % de la note. Aucun de ces indicateurs ne mesure le salaire de sortie.

Le classement Journal des Écoles 2026 des écoles hôtelières de référence

Ce classement est établi par la rédaction du Journal des Écoles. Il tient compte des cinq critères présentés plus haut et de la position de chaque école dans les classements QS, Eduniversal et Speak & Act 2026. Le tableau indique, pour le diplôme phare, les frais annuels publiés par l’école et le salaire médian d’embauche du niveau de diplôme.

Classement Journal des Écoles 2026 des écoles hôtelières de référence : rang, école, ville et pays, diplôme phare, frais annuels et salaire de sortie.
Rang École Ville, pays Diplôme phare Frais annuels Salaire de sortie
1EHL Hospitality Business SchoolLausanne, SuisseBachelor en management hôtelier international46 000 CHF en moyenne, logement en susNon publié
2École de SavignacSavignac-les-Églises, FranceBachelor management de l’hôtellerie-restauration8 400 €24 000 € brut (bac+3)
3Institut Lyfe (ex-Paul Bocuse)Écully, FranceBachelor, puis MSc avec emlyon13 000 € (bachelor en 4 ans)24 000 € brut (bac+3), 32 000 € (bac+5)
4VatelLyon, France (siège du groupe)MBA in International Hotel Management11 700 € à Lyon, 13 800 € à Paris32 000 € brut (bac+5)
5Excelia Hotel & Tourism SchoolLa Rochelle, FranceBachelor, puis MSc Produits et Projets Touristiques9 450 € (bachelor)24 000 € brut (bac+3)
6FERRANDI ParisParis, FranceBachelor management hôtelier et restauration14 100 €24 000 € brut (bac+3)
7Les RochesCrans-Montana, SuisseBachelor in Global Hospitality Management66 900 CHF, logement et pension en susNon publié
8Glion Institute of Higher EducationGlion, SuisseBachelor in International Hospitality Business70 000 à 73 000 CHF, logement et repas en susNon publié
9ESSEC IMHICergy, FranceMSc in Hospitality Management22 815 € (45 630 € sur 2 ans)32 000 € brut (bac+5)
10ICAREParis, FranceBachelor in Luxury & Sustainable Hotel Management7 090 à 8 950 € selon l’année24 000 € brut (bac+3)

Frais de scolarité publiés par les écoles pour la rentrée 2026 ou 2027, pour un étudiant de l’Union européenne en formation initiale, hors frais d’inscription. EHL : 183 874 CHF sur quatre ans, année préparatoire et repas compris. Les Roches et Glion : tarifs semestriels de 33 450 CHF et de 35 000 à 36 500 CHF. Institut Lyfe : tarif Onisep 2025. Salaires médians d’embauche bac+3 et bac+5 en hôtellerie-tourisme : Apec et SIES. Les écoles suisses ne publient pas de salaire de sortie.

1. EHL Hospitality Business School, Lausanne (Suisse)

EHL est première mondiale du classement QS 2026 en Hospitality & Leisure Management, avec 98,3 sur 100. L’école annonce que 96 % de ses diplômés sont employables et qu’un sur deux reste en Suisse pour son premier emploi. Son bachelor coûte 183 874 CHF sur quatre ans pour un étudiant international, année préparatoire et repas compris, soit environ 46 000 CHF par an, auxquels s’ajoute le logement. EHL reste la référence mondiale de l’enseignement hôtelier, mais ce budget la réserve aux étudiants dont la famille peut financer les études.

2. École de Savignac, Savignac-les-Églises (France)

Savignac est deuxième du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie et troisième du Speak & Act Best School Experience 2026, avec 3,82 sur 5. Selon l’école, 97 % des titulaires de son bachelor ont un emploi dans les six mois. Sa scolarité coûte 8 400 € par an pour une entrée en première année, soit 25 200 € sur trois ans, et elle est prise en charge par l’employeur en alternance. Savignac offre le meilleur équilibre du panel français entre le coût des études et la reconnaissance du diplôme.

3. Institut Lyfe (ex-Institut Paul Bocuse), Écully (France)

L’Institut Lyfe est premier du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie pour la seizième année consécutive, et son MSc in International Hospitality Management, délivré avec emlyon, est premier au niveau bac+5. L’école est 34e mondiale du QS 2026. Son bachelor dure quatre ans et coûte 13 000 € par an selon l’Onisep ; le MSc coûte 31 900 € pour la rentrée 2026. Son point faible est la satisfaction étudiante : avec 3,28 sur 5, l’Institut Lyfe obtient la note la plus basse du Speak & Act 2026 en hôtellerie-tourisme.

4. Vatel, Lyon (France)

Vatel est la première école hôtelière française du QS 2026, au 11e rang mondial avec 72,6 sur 100, un rang de mieux qu’en 2025. Fondé à Paris en 1981, le groupe a installé son siège à Lyon et revendique 50 000 diplômés. Ses cursus reposent sur des stages longs en hôtel et en restaurant, ce qui favorise l’insertion. La satisfaction étudiante reste moyenne, à 3,41 sur 5 au Speak & Act 2026. La première année du MBA coûte 11 700 € à Lyon et 13 800 € à Paris.

5. Excelia Hotel & Tourism School, La Rochelle (France)

Excelia est première du Speak & Act Best School Experience 2026 en hôtellerie-tourisme, avec 3,88 sur 5, la meilleure note du panel. Son MSc Produits et Projets Touristiques est premier du classement Journal des Écoles 2026 des masters en tourisme. L’école est cinquième du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie et figure dans la tranche 51-100 du QS 2026. Son bachelor coûte 9 450 € par an en première et en deuxième année, puis 9 950 € en troisième année.

6. FERRANDI Paris, Paris (France)

FERRANDI Paris est troisième du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie et neuvième du Speak & Act 2026, avec 3,40 sur 5. L’école dépend de la chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France, ce qui lui donne un réseau d’employeurs dense dans la région. Son bachelor management hôtelier et restauration coûte 14 100 € par an pour la rentrée 2027, le tarif le plus élevé des bachelors français de ce classement.

7. Les Roches, Crans-Montana (Suisse)

Les Roches est deuxième mondiale du QS 2026 avec 90 sur 100, derrière EHL. L’école est réputée pour son bachelor en Global Hospitality Management et pour le placement de ses diplômés dans l’hôtellerie de luxe internationale. Les frais de scolarité atteignent 33 450 CHF par semestre, soit 66 900 CHF par an, et le logement et la pension, obligatoires, coûtent 42 550 CHF de plus sur le cursus. Les Roches convient à un projet de carrière internationale bien financé.

8. Glion Institute of Higher Education, Glion (Suisse)

Glion est troisième mondiale du QS 2026 avec 87,2 sur 100, contre la sixième place en 2025. L’école appartient, comme Les Roches, au groupe Sommet Education. Son bachelor en International Hospitality Business ouvre les portes des groupes hôteliers de luxe. Les frais vont de 35 000 à 36 500 CHF par semestre, sans compter les repas et le logement, un budget lourd pour un diplômé qui reviendrait travailler en France.

9. ESSEC IMHI, Cergy (France)

L’IMHI de l’ESSEC est troisième du classement Eduniversal 2026 des formations bac+5 en hôtellerie, et l’ESSEC figure dans la tranche 101-150 du QS 2026. Le MSc in Hospitality Management coûte 45 630 € sur deux ans pour un étudiant européen, et 30 040 € dans sa version en un an. Rapporté à un salaire médian d’embauche de 32 000 € au niveau bac+5, ce coût est élevé. L’IMHI reste une excellente porte d’entrée vers le conseil hôtelier et l’asset management.

10. ICARE, Paris (France)

ICARE est dixième du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie, après avoir été cinquième en 2025. L’école propose un bachelor en management de l’hôtellerie de luxe et durable, dont les frais sont les plus bas du classement : 7 090 € en première année, 7 280 € en deuxième et 8 950 € en troisième, plus 600 € d’inscription. Le coût de la vie à Paris s’y ajoute, ce qui fait d’ICARE une option surtout intéressante pour un étudiant déjà installé en Île-de-France.

Le coût réel d’une scolarité hôtelière : la méthode de calcul

Le Journal des Écoles compare les écoles sur leur coût total, c’est-à-dire la somme de tous les frais engagés pendant le cursus. Ce montant dépasse toujours les frais de scolarité affichés sur les brochures.

Les composantes du coût total

  • Les frais de scolarité annuels, multipliés par le nombre d’années du cursus.

  • Les frais de dossier et d’inscription, payés à l’entrée, sans remboursement possible.

  • Le matériel et les tenues professionnelles : veste, pantalon, chaussures de sécurité, et couteaux pour les filières de cuisine.

  • Les stages obligatoires à l’étranger : billet, visa, assurance et logement lorsqu’ils ne sont pas pris en charge.

  • Le logement sur le campus, lorsque l’école l’impose, comme Les Roches en Suisse.

  • Les frais de vie dans la ville du campus, qui dépendent surtout du niveau des loyers.

Un exemple de calcul

Prenons un bachelor hôtelier privé facturé 9 500 € par an pendant trois ans, avec 1 200 € de frais de dossier, 900 € de matériel et un stage à l’étranger qui coûte 2 500 € à l’étudiant. Le coût total de la scolarité atteint 33 100 €, hors frais de vie. Au salaire médian d’embauche d’un bac+3, 24 000 € brut par an, cette somme représente un peu plus de seize mois de salaire brut.

Nous ne calculons pas d’indice qui rapporterait ce coût au salaire de sortie. Les écoles ne publient pas de salaire à trois ans comparable d’un établissement à l’autre, et le seul repère disponible, le salaire médian du niveau de diplôme, est le même pour toutes les écoles d’un même niveau. Un tel ratio ne mesurerait donc que le prix, et il deviendrait démesuré pour une licence universitaire à 178 € par an. Le classement affiche par conséquent le coût et le salaire séparément.

QS 2026 et Eduniversal 2026 : ce que disent les classements

Publié le 25 mars 2026, le classement QS par discipline en Hospitality & Leisure Management classe 174 établissements de 39 pays. Le classement Eduniversal 2026 porte sur les formations françaises et classe désormais les bachelors en hôtellerie à part, alors qu’ils étaient regroupés avec le tourisme jusqu’en 2025. L’un et l’autre mesurent surtout la notoriété des écoles.

QS 2026 Hospitality & Leisure Management : le top 10 mondial

QS World University Rankings by Subject 2026, Hospitality & Leisure Management : les dix premiers établissements, leur pays et leur score sur 100.
Rang Établissement Pays Score sur 100
1EHL Hospitality Business SchoolSuisse98,3
2Les RochesSuisse90,0
3Glion Institute of Higher EducationSuisse87,2
4SHMS Swiss Hotel Management SchoolSuisse86,6
5César Ritz CollegesSuisse83,7
6University of Nevada, Las Vegas (UNLV)États-Unis82,9
7Hotelschool The HaguePays-Bas81,7
8HIM Business School (Montreux)Suisse79,2
9Culinary Arts Academy SwitzerlandSuisse78,8
10Macao University of TourismMacao76,5

Source : QS World University Rankings by Subject 2026, publié le 25 mars 2026.

Sept des dix premières écoles hôtelières du monde sont suisses, et aucune école française n’entre dans le top 10. La France place Vatel au 11e rang (72,6), l’Institut Lyfe au 34e, Excelia et l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne dans la tranche 51-100, et l’ESSEC dans la tranche 101-150.

Eduniversal 2026 : les formations bac+3 en hôtellerie

Classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie : les six premières écoles et leur ville.
Rang École Ville
1Institut LyfeÉcully
2École de SavignacSavignac-les-Églises
3FERRANDI ParisParis
4AIM, Académie internationale de management en hôtellerie et tourismeParis
5Excelia Hotel & Tourism SchoolLa Rochelle
6FerrièresFerrières-en-Brie

Vatel est neuvième et ICARE dixième de ce classement. Ferrières, qui n’était pas classée en 2025, entre directement à la sixième place, tandis qu’ICARE recule de la cinquième à la dixième.

Eduniversal 2026 : les formations bac+5 en management de l’hôtellerie

Classement Eduniversal 2026 des formations bac+5 en management de l’hôtellerie : les six premières écoles et leur ville.
Rang École Ville
1emlyon et Institut LyfeÉcully
2AIMParis
3ESSEC IMHICergy
4École de Savignac (MBA)Savignac-les-Églises
5KEDGE Business SchoolMarseille
6FERRANDI Paris et ESCPParis

Eduniversal classe les formations selon leur notoriété, le salaire de sortie et la satisfaction des étudiants. Ces critères recoupent en partie ceux de notre classement, sans tenir compte du coût de la scolarité. Plusieurs de ces MSc sont portés par des écoles de commerce : notre classement des bachelors en école de commerce et notre sélection des meilleurs masters en marketing permettent de les situer dans leur établissement.

France ou Suisse : comment arbitrer

La Suisse domine les classements mondiaux, alors que la France propose des formations reconnues pour un coût bien inférieur. Le choix se joue sur cinq points : les frais, le salaire, le droit au séjour et au travail, le réseau d’anciens et l’accès aux stages.

Comparaison entre la France et la Suisse pour une école hôtelière en 2026 : frais, salaires, droit au séjour, réseau et stages.
Critère France Suisse
Frais de scolarité annuels178 € en licence publique, 7 090 à 14 100 € dans les bachelors privés46 000 à 73 000 CHF de frais académiques, logement souvent en sus
Salaire de sortie bac+324 000 € brut par an (médiane)Non publié par les écoles ; minimum conventionnel de 4 528 CHF par mois sur 13 mois pour un salarié titulaire d’un CFC
Salaire de sortie bac+532 000 € brut par an (médiane)Non publié par les écoles
Droit au séjour et au travailAucune démarche pour un ressortissant européenPermis de séjour à demander, sans quota pour un ressortissant de l’Union européenne
Réseau d’anciensDense en France, plus diffus à l’internationalInternational, tourné vers les groupes hôteliers de luxe
Accès aux stagesStages en France, alternance possible dès la première année dans certaines écolesStages rémunérés, au moins 2 390 CHF par mois pour un élève d’école hôtelière, logement sur le campus obligatoire dans certaines écoles

Sources : tarifs publiés par les écoles ; salaires minimaux 2026 de la convention collective nationale de l’hôtellerie-restauration suisse (CCNT), notice GastroSuisse ; Secrétariat d’État aux migrations.

La Suisse convient à un étudiant qui vise une carrière internationale dans l’hôtellerie de luxe et dont les études sont financées. Les salaires y sont plus élevés qu’en France, mais le coût de la vie l’est aussi, et les écoles ne publient pas de salaire de sortie qui permettrait de mesurer le retour sur investissement. La France convient mieux à un étudiant qui veut limiter le coût de ses études et travailler sur le marché français, d’autant que l’alternance y réduit fortement la facture.

Salaires et insertion : ce que gagnent les diplômés

Le tourisme représente 3,8 % du PIB français et 1,5 million d’emplois salariés, soit 7,5 % de l’emploi total en 2023, selon l’INSEE. Les salaires d’embauche des écoles hôtelières restent inférieurs à ceux des grandes écoles de commerce, mais l’insertion y est rapide. Les montants ci-dessous sont des salaires bruts annuels de début de carrière.

  • 24 000 € : salaire médian d’embauche d’un diplômé bac+3 en hôtellerie-tourisme.

  • 32 000 € : salaire médian d’embauche d’un diplômé bac+5, soit un tiers de plus qu’au niveau bac+3.

  • 28 000 à 38 000 € : fourchette d’un revenue manager, le poste le mieux payé des métiers opérationnels.

  • 30 000 à 35 000 € : fourchette d’un chef de produit tourisme, un poste de management intermédiaire.

  • 22 000 à 24 000 € : fourchette d’un conseiller voyages, le poste d’entrée le plus courant.

  • 20 000 à 23 000 € : fourchette d’un guide-conférencier, un métier très saisonnier.

Entre le haut de la fourchette d’un revenue manager (38 000 €) et le bas de celle d’un guide-conférencier (20 000 €), l’écart atteint 90 %. Le choix du métier pèse donc autant que celui de l’école. Pour comparer ces montants avec d’autres filières, notre dossier sur les salaires à la sortie des grandes écoles et notre classement des masters en finance donnent les salaires d’embauche des écoles de commerce.

Hôtellerie ou tourisme : deux métiers, deux diplômes

L’hôtellerie et le tourisme forment deux filières distinctes, avec leurs propres employeurs et leurs propres grilles de salaires. Beaucoup de candidats découvrent tard cette différence, qui doit pourtant guider le choix de l’école.

  • L’hôtellerie forme des opérationnels et des managers d’établissement : réception, hébergement, restauration, revenue management et direction d’hôtel. Les employeurs sont les groupes hôteliers, comme Accor, Marriott ou Hyatt, et l’hôtellerie indépendante. Les diplômes phares sont le bachelor en management hôtelier et le MBA ou le MSc en management hôtelier international.

  • Le tourisme forme des concepteurs et des vendeurs de produits touristiques : chef de produit, conseiller voyages, guide-conférencier ou gestionnaire de destination. Les employeurs sont les tour-opérateurs, les agences de voyages, les offices de tourisme et les collectivités. Les diplômes phares sont la licence, le bachelor et le master en tourisme.

Les postes de management hôtelier, comme le revenue management ou la direction d’établissement, offrent les meilleurs salaires d’entrée et ouvrent des carrières internationales. Le tourisme propose davantage de postes en France et une plus grande stabilité géographique. Les formations de cette seconde filière sont comparées dans notre classement des meilleures écoles de tourisme en France.

Comment choisir son école hôtelière en 2026 : les 7 vérifications à faire

Ces sept vérifications permettent d’écarter la plupart des mauvais choix. Chacune ne demande que quelques minutes, sur le site de l’école ou lors d’une journée portes ouvertes.

  • 1. Rapprochez le coût total du salaire visé. Additionnez les frais de tout le cursus et comparez le total au salaire d’embauche du niveau de diplôme : 24 000 € brut par an après un bac+3, 32 000 € après un bac+5.

  • 2. Demandez un taux d’insertion précis. Une école sérieuse publie la part de diplômés en contrat de plus de six mois, avec la date de l’enquête et le nombre de répondants, plutôt qu’un taux qui mêle emploi et poursuite d’études.

  • 3. Demandez le coût total, frais annexes compris. Frais de dossier, tenues, matériel, stages à l’étranger et logement imposé s’ajoutent aux frais de scolarité.

  • 4. Vérifiez la place de l’alternance dans le cursus. Une école qui propose l’alternance forme des diplômés rapidement opérationnels, et l’entreprise prend en charge les frais de scolarité. Notre guide alternance ou stage compare les deux formules.

  • 5. Croisez plusieurs classements. Le QS 2026 mesure la notoriété mondiale, Eduniversal 2026 la notoriété en France et le Speak & Act 2026 la satisfaction des étudiants. Aucun ne mesure le rapport entre le coût et le salaire.

  • 6. Tenez compte de la ville autant que de l’école. Le loyer pèse lourd dans le coût total d’un cursus de trois à cinq ans. Notre classement des meilleures villes étudiantes compare le coût de la vie dans les grandes villes.

  • 7. Anticipez la procédure d’admission. Plusieurs écoles hôtelières privées recrutent hors Parcoursup, sur dossier et entretien, avec leur propre calendrier. Notre guide Parcoursup couvre les formations qui passent par la plateforme.

Verdict du Journal des Écoles

Je place l’École de Savignac en tête des écoles françaises de ce classement, juste derrière EHL. Elle est deuxième du classement Eduniversal en bac+3, obtient la troisième note du Speak & Act 2026, annonce 97 % de diplômés du bachelor en emploi dans les six mois, et sa scolarité coûte 8 400 € par an en première année. L’Institut Lyfe et Vatel la suivent, forts de leur notoriété internationale et de leur réseau.

Je ne recommande pas EHL, Les Roches et Glion à un étudiant français qui ne bénéficie pas d’un financement familial. Ces trois écoles dominent le classement QS, mais leurs frais académiques vont de 46 000 à 73 000 CHF par an, souvent sans le logement, et aucune ne publie de salaire de sortie. Le MSc de l’ESSEC IMHI demande lui aussi réflexion pour qui veut rentabiliser vite ses études : il coûte 45 630 € sur deux ans, pour un salaire médian d’embauche de 32 000 € au niveau bac+5. Ces écoles restent pertinentes pour une carrière internationale financée ou pour viser le conseil hôtelier. ICARE, dixième, affiche au contraire les frais les plus bas du classement ; son recul dans le classement Eduniversal incite à demander le détail de l’insertion de ses diplômés avant de s’inscrire.

Avant de choisir, additionnez le coût de tout le cursus, frais annexes compris, et rapprochez-le du salaire d’embauche du niveau visé. Lorsque ce coût dépasse plusieurs années de salaire, le diplôme doit apporter un réseau ou une carrière internationale qui justifie l’écart.

Verdict signé Lucas Lecoq-Pellizzon, co-fondateur et directeur éditorial du Journal des Écoles.

Questions fréquentes

Quelle est la meilleure école hôtelière de France en 2026 ?

Vatel est la meilleure école hôtelière française du classement QS 2026 en Hospitality & Leisure Management, au 11e rang mondial avec 72,6 sur 100. L’Institut Lyfe est premier du classement Eduniversal 2026 des formations bac+3 en hôtellerie pour la seizième année consécutive. Dans le classement du Journal des Écoles, l’École de Savignac est la première école française, deuxième derrière EHL, devant l’Institut Lyfe et Vatel.

Combien coûte une école hôtelière en France ?

Une licence universitaire coûte 178 € par an de droits d’inscription. Un bachelor hôtelier privé coûte de 7 090 € (ICARE, en première année) à 14 100 € par an (FERRANDI Paris), soit environ 23 000 à 42 000 € sur trois ans. Les écoles suisses facturent de 46 000 à 73 000 CHF par an de frais académiques. Les frais de dossier, le matériel, les stages à l’étranger et le logement s’ajoutent à ces montants.

Quel salaire gagne un diplômé d’école hôtelière ?

Le salaire médian d’embauche est de 24 000 € brut par an pour un bac+3 en hôtellerie-tourisme et de 32 000 € pour un bac+5, d’après les données de l’Apec et du SIES. Un revenue manager débute entre 28 000 et 38 000 € brut par an, un chef de produit tourisme entre 30 000 et 35 000 €, un conseiller voyages entre 22 000 et 24 000 € et un guide-conférencier entre 20 000 et 23 000 €.

Faut-il choisir une école hôtelière en France ou en Suisse ?

La Suisse domine les classements mondiaux : sept des dix premières écoles du QS 2026 sont suisses. Ses écoles coûtent toutefois de 46 000 à 73 000 CHF par an, contre 7 090 à 14 100 € pour un bachelor privé en France, et elles ne publient pas de salaire de sortie. Un Français peut y étudier puis y travailler sans quota, avec un permis de séjour. La Suisse convient à une carrière internationale financée, la France à un étudiant qui veut limiter le coût de ses études.

Quelle est la différence entre une école hôtelière et une école de tourisme ?

Une école hôtelière forme des opérationnels et des managers d’établissement : réception, hébergement, restauration, revenue management et direction d’hôtel. Une école de tourisme forme des concepteurs et des vendeurs de produits touristiques : chef de produit, conseiller voyages, guide-conférencier. L’hôtellerie offre les meilleurs salaires d’entrée en management et des carrières internationales, le tourisme davantage de postes en France.

Pour aller plus loin

Sources

Méthodologie : les chiffres proviennent des sources ci-dessus, consultées en octobre 2026. Les taux d’insertion cités sont déclarés par les écoles. Les salaires médians d’embauche bac+3 et bac+5 sont ceux retenus dans notre classement des écoles de tourisme, établis à partir des données de l’Apec et du SIES. Le Journal des Écoles est un média indépendant : aucune école ne rémunère sa place dans ses classements. Pour toute demande, écrivez-nous via la page contact et partenariats.

Portrait de Lucas Lecoq-Pellizzon
Co-Fondateur & Directeur éditorial

Co-fondateur du Journal des Écoles et de Triaina. Diplômé de l’EMLV, il a piloté le concours SESAME pour son école pendant cinq ans. Il signe les indices ROI de la rédaction et les classements par spécialisation.