En bref

  • 181 130 étudiants suivaient en 2024 une formation aux professions de santé hors médecine, répartis dans 1 425 formations, selon la DREES.

  • 17 diplômes composent le périmètre de ce classement, du diplôme d’État d’aide-soignant au diplôme d’État d’audioprothésiste, en passant par deux BTS, un titre professionnel et deux certificats de capacité.

  • 1 445 145 vœux et sous-vœux ont visé les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI) sur Parcoursup en 2025, pour 30 813 places proposées en formation initiale.

  • 5 500 places supplémentaires ouvrent en IFSI à la rentrée 2026, avec une enveloppe de 215 millions d’euros annoncée par le gouvernement.

  • 4 620 heures, 180 ECTS et 66 semaines de stage : c’est le nouveau référentiel du diplôme d’État d’infirmier, fixé par l’arrêté du 20 février 2026 pour les étudiants qui entrent en formation à partir de septembre 2026.

  • De 1 680 € à 2 010 € net par mois hors primes : c’est l’écart des salaires de début à l’hôpital public entre un aide-soignant et une sage-femme, selon les grilles 2026 de la fonction publique hospitalière.

  • Le coût pour l’étudiant va de presque rien à plus de 30 000 €. La Région finance la formation des aides-soignants et des infirmiers, alors qu’un diplôme de pédicure-podologue dans un institut privé coûte de 22 500 € à 34 563 € sur trois ans.

  • 36 770 et 62 270 projets de recrutement sont prévus en 2026 pour les infirmiers et sages-femmes et pour les aides-soignants, selon l’enquête BMO de France Travail.

Les formations de santé hors médecine accueillent 181 130 étudiants et forment l’essentiel des soignants recrutés chaque année en France. Le Journal des Écoles publie son classement 2026 de dix-sept diplômes du secteur. Pour chacun, il indique la durée, la voie d’accès, le coût réel pour l’étudiant et le salaire de début à l’hôpital public, à partir de sources officielles.

Le classement 2026 des 17 diplômes

Le rang est établi par la rédaction. Il place en tête les formations courtes, peu coûteuses et rapidement rémunérées, et en fin de tableau les cursus longs, chers ou qui offrent très peu de places. Un diplôme court et public devance donc des cursus plus longs qui mènent à des métiers mieux payés en fin de carrière. Le classement mesure l’accès au premier emploi et laisse de côté la carrière sur vingt ans.

Classement 2026 du Journal des Écoles de 17 diplômes de santé hors médecine : rang, diplôme, durée, voie d’accès, coût pour l’étudiant, salaire net de début et verdict.
Rang Diplôme Durée Accès Coût Salaire net Verdict
1DE d’auxiliaire de puériculture44 semainesHors ParcoursupPayé par la Région1 680 €Rapide et gratuit, carrière plafonnée
2DE d’aide-soignant44 semainesHors Parcoursup, sans bacPayé par la Région1 680 €Le plus accessible, salaire lent
3Titre d’assistant dentaire18 moisAlternance0 €, rémunéré1 405 à 1 795 € (offres)Payé par l’employeur, salaire modeste
4BTS opticien-lunetier2 ansParcoursup0 € en public, 7 000 à 17 700 € en privé1 420 à 2 210 € (offres)Bon rapport coût-salaire en privé
5BTS diététique et nutrition2 ansParcoursup0 € en public1 735 €Peu de postes à l’hôpital
6DE de sage-femme6 ansPASS ou L.ASDroits universitaires2 010 €Meilleur salaire, six ans d’études
7DE de masseur-kinésithérapeute5 ansPASS, L.AS, STAPS1 160 € en public, 6 689 €/an en privé1 860 €Très demandé, sélection forte
8DE de manipulateur en électroradiologie3 ansParcoursupDroits universitaires1 735 €Peu connu, embauche facile
9Certificat de capacité d’orthoptiste3 ansParcoursup1 038 € sur 3 ans1 735 €Peu cher, 534 places
10DE d’ergothérapeute3 ansParcoursupDroits universitaires1 735 €Forte demande en gériatrie
11DE de technicien de laboratoire médical3 ansParcoursupDroits universitaires1 735 €Grade licence, très peu de places
12DE d’ambulancier801 heuresHors Parcoursup3 150 à 4 850 €1 680 €Court, salaire le plus bas
13DE de psychomotricien3 ansParcoursup4 137 € (université), 30 000 € (privé)1 735 €Sélectif, salaire modeste
14DE d’infirmier3 ansParcoursup, formation continueEnviron 850 € sur 3 ans1 735 €Long pour un salaire moyen
15Certificat de capacité d’orthophoniste5 ansParcoursup2 825 € sur 5 ans1 860 €Long, mieux payé en libéral
16DE de pédicure-podologue3 ansParcoursup22 500 à 34 563 € (privé)Libéral à 97 %Le plus cher, presque tout en libéral
17DE d’audioprothésiste3 ansParcoursupEnviron 1 450 € (université)1 420 à 3 510 € (offres)Rare, salaires très variables

Salaire net de début : premier échelon des grilles 2026 de la fonction publique hospitalière, complément de traitement indiciaire compris, hors primes et indemnités. Mention « offres » : fourchette nette estimée des salaires proposés dans 80 % des offres publiées par France Travail au deuxième trimestre 2026, pour les métiers exercés surtout dans le privé. Coûts : droits nationaux 2026-2027, Onisep et sites des instituts.

Notre méthode : le coût et le salaire, sans indice

Le Journal des Écoles compare ces diplômes sur deux données publiques : ce que la formation coûte à l’étudiant et ce que le premier emploi rapporte. Nous les présentons séparément, sans les combiner en un indice.

Pourquoi nous ne calculons pas de ratio

  • Plusieurs formations ne coûtent presque rien à l’étudiant. La Région finance la formation des aides-soignants et des auxiliaires de puériculture, et l’assistant dentaire est payé pendant son alternance. Un ratio entre le salaire et un coût proche de zéro deviendrait démesuré et ne permettrait plus de comparer les diplômes.

  • Aucune source nationale ne publie de salaire médian de sortie par diplôme paramédical. Nous retenons donc le salaire de début fixé par les grilles de la fonction publique hospitalière, qui s’applique à tous les diplômés recrutés à l’hôpital public, et les salaires proposés dans les offres de France Travail pour les métiers exercés surtout dans le privé.

Les coûts retenus

  • Environ 850 € sur trois ans pour le diplôme d’État d’infirmier : l’arrêté du 20 février 2026 n’autorise que les droits d’inscription universitaires, soit 178 € par an, plus 105 € de contribution de vie étudiante et de campus (CVEC). La Région prend en charge le coût de la formation.

  • Presque rien pour les diplômes d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture : la formation, facturée de 6 800 € à 7 500 € par les instituts, est financée par la Région pour les élèves en poursuite d’études. Seuls restent d’éventuels frais d’inscription fixés par chaque institut.

  • Des droits universitaires nationaux pour les formations rattachées à l’université : 346 € par an en orthoptie, 488 € en audioprothèse, 565 € en orthophonie et 1 379 € en psychomotricité pour 2026-2027.

  • De 3 150 € à 4 850 € pour le diplôme d’État d’ambulancier, sauf lorsque la Région finance la formation, par exemple pour un demandeur d’emploi.

  • De 22 500 € à 34 563 € pour le diplôme de pédicure-podologue dans les instituts privés, et environ 30 000 € pour une psychomotricité suivie dans un institut privé.

Ce que le classement ne mesure pas

  • La progression salariale : un infirmier spécialisé ou un cadre de santé gagne nettement plus après quelques années, et les primes s’ajoutent au salaire de début. À l’hôpital, elles portent le net d’un aide-soignant débutant à environ 1 960 € et celui d’une sage-femme à environ 2 410 €.

  • La pénibilité et les conditions de stage, qui pèsent sur les parcours : selon la DREES, 13,5 % des étudiants infirmiers ont interrompu leur première année en 2024, interruptions provisoires comprises, et le taux d’interruption atteint 13,2 % en formation d’aide-soignant.

  • La sécurité de l’emploi : la plupart de ces métiers recrutent largement, ce qui rend ce critère peu utile pour départager les dix-sept diplômes.

Les 5 familles de métiers

Les dix-sept diplômes se répartissent en cinq familles, établies par la rédaction, qui n’ont ni les mêmes employeurs, ni les mêmes salaires, ni les mêmes voies d’accès.

1. Soins et urgence

  • 4 diplômes : infirmier, aide-soignant, auxiliaire de puériculture, ambulancier.

  • Employeurs : hôpitaux, Ehpad, cliniques privées, entreprises de transport sanitaire et services de soins à domicile. Plusieurs des métiers qui recrutent le plus en 2027 appartiennent à cette famille.

2. Rééducation et motricité

  • 4 diplômes : masseur-kinésithérapeute, ergothérapeute, psychomotricien, pédicure-podologue.

  • Activité dominante : le libéral. Sur les 111 400 kinésithérapeutes recensés au 1er janvier 2026, plus de huit sur dix exercent uniquement en libéral, et 97 % des pédicures-podologues sont installés à leur compte, selon la DREES.

3. Langage, vision et audition

  • 4 diplômes : orthophoniste, orthoptiste, audioprothésiste, opticien-lunetier.

  • Point clé : les places y sont rares, avec 337 places en audioprothèse, 534 en orthoptie et 1 005 en orthophonie sur Parcoursup en 2025. L’exercice libéral ou le commerce y offrent ensuite des revenus supérieurs aux grilles hospitalières.

4. Médico-technique et biologie

  • 3 diplômes : manipulateur d’électroradiologie médicale, technicien de laboratoire médical, diététicien.

  • Point clé : des cursus publics, des salaires de début dans la moyenne et une faible notoriété auprès des lycéens. C’est la famille la plus sous-estimée du classement.

5. Périnatalité et soin dentaire

  • 2 diplômes : sage-femme, assistant dentaire.

  • Point clé : deux extrêmes côte à côte. Le diplôme d’État de sage-femme, devenu diplôme de docteur en maïeutique, demande six ans d’études aux étudiants entrés depuis 2024, alors que le titre d’assistant dentaire se prépare en dix-huit mois en alternance.

Combien gagne-t-on à la sortie ?

À l’hôpital public, le salaire de début dépend de la grille du corps dans lequel le diplômé est recruté. Les écarts restent modestes à l’entrée : 330 € net par mois séparent l’aide-soignant de la sage-femme, hors primes.

Le haut du tableau : de 1 860 € à 2 010 € net

  • Sage-femme (2 010 €) : le salaire de début le plus élevé de la fonction publique hospitalière parmi ces métiers, porté à environ 2 410 € avec la prime d’exercice médical et les indemnités.

  • Masseur-kinésithérapeute et orthophoniste (1 860 €) : ces deux métiers relèvent d’une grille plus favorable que celle des autres paramédicaux de rééducation.

Le milieu : 1 735 € net

  • Infirmier, manipulateur d’électroradiologie, technicien de laboratoire, ergothérapeute, psychomotricien, orthoptiste, pédicure-podologue et diététicien : tous débutent au même indice, soit 1 735 € net hors primes. L’infirmier perçoit en plus une prime spécifique de 90 € et une indemnité de sujétion, qui portent son net à environ 1 950 €.

  • Pour situer ces montants face aux autres études supérieures, notre dossier sur les salaires à la sortie des grandes écoles donne les salaires d’embauche des écoles de commerce et d’ingénieurs.

Le plancher : 1 680 € net

  • Aide-soignant, auxiliaire de puériculture et ambulancier : trois entrées rapides dans l’emploi, au salaire le plus bas des grilles hospitalières. La prime spéciale de sujétion de 10 % réservée aux aides-soignants et aux auxiliaires de puériculture porte leur net à environ 1 960 €.

  • Assistant dentaire, opticien-lunetier et audioprothésiste : ces métiers s’exercent surtout dans le privé. Les offres publiées par France Travail proposent de 1 405 à 1 795 € net pour un assistant dentaire, de 1 420 à 2 210 € pour un opticien et de 1 420 à 3 510 € pour un audioprothésiste, tous niveaux d’expérience confondus.

Libéral ou salariat

  • Selon la DREES, le revenu d’activité moyen d’un infirmier libéral atteignait 57 100 € en 2021, celui d’un masseur-kinésithérapeute 51 100 € et celui d’une sage-femme libérale 42 200 €. Ces revenus supposent de financer un cabinet, un véhicule et sa protection sociale.

  • L’Insee estime à 3 890 € par mois le revenu moyen des professions paramédicales et des sages-femmes non salariées en 2024, net de cotisations sociales.

  • Notre classement retient le premier emploi salarié. Il mesure l’entrée dans le métier, pas l’installation en libéral.

Parcoursup ou hors Parcoursup : les voies d’accès

Treize des dix-sept diplômes passent par Parcoursup, directement ou après une première année de PASS, de L.AS ou de STAPS. Quatre se préparent hors de la plateforme.

Les 13 diplômes accessibles par Parcoursup

  • Les formations paramédicales post-bac y figurent : infirmier, manipulateur d’électroradiologie, technicien de laboratoire, ergothérapeute, psychomotricien, orthophoniste, orthoptiste, pédicure-podologue et audioprothésiste. Les études de kinésithérapeute et de sage-femme commencent par une première année de PASS, de L.AS ou, pour la kinésithérapie, de STAPS, elle aussi demandée sur Parcoursup.

  • Les deux BTS du secteur y figurent aussi : opticien-lunetier, et diététique et nutrition, nouvel intitulé du BTS diététique dont la première session aura lieu en 2027.

  • Les IFSI ont reçu 1 445 145 vœux et sous-vœux en 2025 pour 30 813 places proposées. Le candidat peut formuler jusqu’à cinq vœux en IFSI, chacun pouvant regrouper plusieurs instituts.

  • Les IFSI n’organisent pas de concours écrit : ils examinent le dossier scolaire et le projet de formation motivé. Un test d’auto-positionnement est obligatoire pour confirmer ses vœux, sans être transmis aux instituts. En 2026, les vœux se formulaient du 19 janvier au 12 mars et la phase d’admission courait du 2 juin au 11 juillet. Notre guide complet de Parcoursup détaille chaque étape.

Les 4 diplômes recrutés hors de la plateforme

  • Le diplôme d’État d’aide-soignant : sélection sur dossier et entretien, accessible sans le bac. C’est la porte d’entrée la plus ouverte du secteur, pour une formation de 44 semaines.

  • Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture : même sélection sur dossier et entretien, dès 17 ans et sans diplôme exigé.

  • Le diplôme d’État d’ambulancier : dossier et oral, permis B exigé, pour une formation de 801 heures, dont 245 heures de stage.

  • Le titre d’assistant dentaire : recrutement en alternance, par les cabinets dentaires eux-mêmes.

La passerelle d’aide-soignant vers infirmier

  • Un aide-soignant diplômé qui justifie de trois ans d’exercice à temps plein au cours des cinq dernières années peut entrer en IFSI par la formation professionnelle continue, hors Parcoursup. Après une sélection et un parcours spécifique de trois mois, il rejoint directement la deuxième année, avec l’accord de son employeur.

  • Cette voie est très utilisée par les soignants qui reprennent leurs études après plusieurs années d’exercice. Pour un candidat qui préfère se former en entreprise, notre guide alternance ou stage compare les deux formules.

Public ou privé : le vrai coût

Le coût de la formation varie davantage que le salaire de début. Il dépend surtout du statut de l’institut et de la prise en charge par la Région.

Le public : quelques centaines d’euros par an

  • En IFSI, l’étudiant ne paie que les droits d’inscription universitaires et la CVEC, soit environ 850 € pour les trois ans de formation, tenues et frais de stage en plus. Les boursiers sont exonérés des droits.

  • Les formations universitaires d’orthoptie, d’audioprothèse et d’orthophonie appliquent des droits nationaux de 346 € à 565 € par an. Dans les instituts publics de kinésithérapie, les droits s’élèvent à environ 1 160 € sur quatre ans, après une première année universitaire.

  • Ce coût réduit explique la place des diplômes publics en haut du classement, malgré des salaires de début parfois inférieurs à ceux des métiers exercés dans le privé.

Le privé : de quelques milliers à plus de 30 000 €

  • Un diplôme de pédicure-podologue coûte de 22 500 € à Alençon à 34 563 € à Rennes sur trois ans, matériel non compris.

  • Les instituts privés de kinésithérapie facturent de 1 234 € à plus de 10 000 € par an, 6 689 € en moyenne selon la Fédération nationale des étudiants en kinésithérapie. Un institut privé de psychomotricité coûte environ 30 000 € sur trois ans, alors que la même formation coûte 4 137 € à l’université.

  • L’alternance change la donne : l’assistant dentaire est rémunéré pendant ses dix-huit mois de formation, qui ne lui coûtent rien.

Les principaux organismes de formation

  • Croix-Rouge Compétence : 157 instituts sur 60 sites et 21 032 apprenants en formation diplômante. Le réseau forme 11,5 % des infirmiers et 22 % des aides-soignants en France.

  • AP-HP : 15 IFSI et 9 IFAS, qui accueillent plus de 8 000 étudiants par an.

  • ADONIS Éducation : près de 8 000 apprenants par an sur 10 campus.

  • Galileo Global Education : 65 écoles et universités, plus de 110 campus dans 20 pays.

  • Humacare Formations : 10 campus en France, consacrés aux diplômes d’aide-soignant et d’accompagnant éducatif et social et au CAP accompagnant éducatif petite enfance.

Les 3 profils qui réussissent

92 % des candidats présentés obtiennent leur diplôme, selon la DREES, et la plupart de ces métiers recrutent largement. La sélection se joue donc surtout à l’entrée. Trois profils traversent le cursus sans difficulté particulière.

Profil 1 : le bachelier général à profil scientifique

  • Parmi les néo-bacheliers admis en IFSI sur Parcoursup en 2025, 42,1 % avaient un bac général, 37,6 % un bac technologique et 20,3 % un bac professionnel.

  • La biologie et la chimie de terminale couvrent l’essentiel des attendus des formations accessibles par Parcoursup.

  • Ce profil vise souvent les formations aux places les plus rares : orthophonie, audioprothèse, orthoptie, kinésithérapie.

Profil 2 : le soignant en reprise d’études

  • Aide-soignant depuis au moins trois ans, il entre en IFSI par la formation professionnelle continue, directement en deuxième année, souvent avec le soutien financier de son employeur.

  • C’est le profil dont la formation coûte le moins, puisque son expérience lui fait gagner une année d’études.

  • Notre dossier reprendre ses études après 30 ans détaille les financements mobilisables.

Profil 3 : le futur libéral

  • Il choisit un diplôme qui permet de s’installer : orthophoniste, pédicure-podologue, kinésithérapeute, infirmier.

  • Il accepte un cursus long, une sélection forte ou un coût élevé, parce que le revenu libéral dépasse largement le salaire de début à l’hôpital.

  • Sa réussite se mesure sur dix ans. C’est le seul profil pour lequel notre classement sous-estime l’intérêt du diplôme.

Questions fréquentes

Combien d’écoles de santé hors médecine existent en France ?

Selon la DREES, la France comptait 1 425 formations aux professions de santé hors médecine en 2024, pour 181 130 étudiants inscrits. Les instituts de formation en soins infirmiers accueillaient à eux seuls 103 100 étudiants, et les formations d’aide-soignant 31 900.

Peut-on entrer en école de santé sans passer par Parcoursup ?

Oui, pour quatre diplômes : aide-soignant, auxiliaire de puériculture, ambulancier et assistant dentaire, ce dernier en alternance. Un aide-soignant qui justifie de trois ans d’exercice peut aussi entrer en IFSI par la formation professionnelle continue, hors Parcoursup, directement en deuxième année.

Quel diplôme d’État de santé offre le meilleur salaire de sortie ?

À l’hôpital public, la sage-femme débute avec le salaire le plus élevé, 2 010 € net hors primes et environ 2 410 € avec ses primes. Suivent le masseur-kinésithérapeute et l’orthophoniste, à 1 860 € net hors primes. Dans le privé, les offres pour un audioprothésiste vont de 1 420 € à 3 510 € net, tous niveaux d’expérience confondus.

Quel est le diplôme d’État de santé le moins cher ?

Les diplômes d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture, dont la formation est financée par la Région pour les élèves en poursuite d’études. Le diplôme d’État d’infirmier revient à environ 850 € de droits d’inscription sur trois ans, tenues et frais de stage en plus. Le titre d’assistant dentaire, préparé en alternance, ne coûte rien et l’apprenti est rémunéré.

Le diplôme d’État infirmier est-il plus sélectif que médecine ?

La comparaison se fait en vœux, car les deux voies ne recrutent pas de la même manière. Les IFSI ont reçu 1 445 145 vœux et sous-vœux sur Parcoursup en 2025 pour 30 813 places proposées en formation initiale. Un candidat peut demander plusieurs instituts dans un même vœu, si bien que le nombre de candidats est bien inférieur au nombre de vœux. 5 500 places supplémentaires ouvrent à la rentrée 2026.

Faut-il le bac pour devenir aide-soignant ?

Non. Le diplôme d’État d’aide-soignant est accessible sans le bac, sur dossier et entretien, pour une formation de 44 semaines. La validation des acquis de l’expérience permet aussi de l’obtenir, sans durée minimale d’expérience depuis la réforme de la VAE.

Verdict du Journal des Écoles

Ce classement montre qu’en France, l’intérêt économique d’un diplôme de santé dépend moins du prestige du métier que de sa durée et de son coût pour l’étudiant. Les diplômes d’aide-soignant et d’auxiliaire de puériculture, préparés en 44 semaines et financés par la Région, permettent de travailler et d’être payé en moins d’un an. Le diplôme de pédicure-podologue, facturé jusqu’à 34 563 € dans le privé, mène à un métier qui s’exerce presque toujours en libéral. Le diplôme d’État d’infirmier, porté à 4 620 heures et 180 ECTS par l’arrêté du 20 février 2026, ne se classe que 14e, faute d’un salaire de début plus élevé que celui des autres paramédicaux.

Ce résultat ne plaide pas contre les IFSI. Il interroge la manière dont ces formations sont présentées aux lycéens : les salaires de début sont rarement mis en regard du coût et de la durée des études, et l’on parle peu des 13,5 % d’étudiants infirmiers qui interrompent leur première année. Trois mesures nous semblent utiles : aligner le financement des instituts privés sur celui du public, publier le coût total de chaque cursus comme on publie un taux de réussite, et présenter le salaire de début pour ce qu’il est, un point de départ.

Pour un candidat qui vise le revenu à dix ans, le classement se lit à l’envers : orthophoniste, kinésithérapeute et pédicure-podologue restent les meilleurs paris du secteur, grâce à l’exercice libéral. Pour celui qui doit entrer vite dans l’emploi et sans argent, le diplôme d’aide-soignant reste la meilleure porte d’entrée, à condition de savoir que son salaire progresse lentement sans spécialisation ni passage en IFSI.

Verdict signé Lucas Lecoq-Pellizzon, co-fondateur et directeur éditorial du Journal des Écoles.

Pour aller plus loin

Sources

Méthodologie : les chiffres proviennent des sources ci-dessus, consultées en octobre 2026. Les salaires de début sont calculés à partir du premier échelon des grilles 2026 de la fonction publique hospitalière (point d’indice à 4,92278 €, complément de traitement indiciaire de 49 points), après retenues pour pension et CSG-CRDS. Les fourchettes de salaires du privé viennent des fiches métiers de France Travail. Les chiffres des organismes de formation sont ceux qu’ils publient.

Portrait de Lucas Lecoq-Pellizzon
Co-Fondateur & Directeur éditorial

Co-fondateur du Journal des Écoles et de Triaina. Diplômé de l’EMLV, il a piloté le concours SESAME pour son école pendant cinq ans. Il signe les indices ROI de la rédaction et les classements par spécialisation.